Développé depuis les premières décennies du XXe siècle, le biocarburant a trouvé sa légitimité avec l’annonce de l’épuisement prochaine des énergies fossiles. Mais cette filière émergente a-t-elle un avenir ? Quels sont les atouts et les contraintes du bioéthanol et du biodiesel ? Cet article vous apporte quelques éléments de réponse.

Biocarburant de première génération : production industrielle et quelques polémiques

Produit à partir de la biomasse, le biocarburant de première génération présente un bilan carbone bien plus avantageux que les énergies non renouvelables. En effet, les plantes absorbent du CO2 pendant leur croissance (photosynthèse). C’est cette même quantité qui est restituée lors de la combustion du bioéthanol ou du biodiesel.

Biocarburant de première génération

Le colza, un biocarburant de première génération

Le biocarburant de première génération est produit à partir de ressources agricoles maîtrisées. Le bioéthanol est ainsi produit à partir des céréales (maïs, blé), de la betterave à sucre ou encore de la canne à sucre. Le biodiesel est issu de l’huile produite à partir du colza, du soja, du tournesol ou encore de l’huile de palme. Le procédé de fabrication est maîtrisé depuis longtemps et permet d’atteindre 120 milliards de litres de bioéthanol et 36 milliards de litres de biodiesel par an (chiffres 2017).

Le principal reproche concernant le biocarburant de première génération est sa concurrence avec la filière alimentaire. Sa production risque à terme d’être limitée légalement pour empêcher la concurrence entre les deux secteurs.

Biocarburant de deuxième génération : un retard dans le développement, mais beaucoup d’espoir

Destiné à compléter, puis à remplacer à terme le biocarburant de la génération actuelle, le biocarburant de seconde génération est produit avec des plantes non alimentaires, mais aussi à partir des déchets agricoles. La cellulose et la lignine des arbres et des plantes servent ainsi à fabriquer du bioéthanol. Pour faire du biodiesel, on a recours à des plantes comme le jatropha. Cette plante est déjà largement cultivée dans de nombreux pays. Elle constitue une alternative à la déforestation en revalorisant les sols non viables pour la culture vivrière.

La cellulose du bois mort peut servir à fabriquer du bioéthanol

La production industrielle du biocarburant de deuxième génération n’a pas encore atteint un rythme satisfaisant pour répondre au besoin grandissant des voitures, et bientôt des avions. Un effort est donc à consentir auprès des investisseurs publics et privés.

Biocarburant de troisième génération : en cours d’expérimentation

À base d’une culture bactérienne ou confectionnée à partir de microalgues, le biocarburant de troisième génération est en cours d’expérimentation. Ce sont généralement universités, quelques laboratoires internationaux et des start-ups en biotechnologie qui creusent dans cette direction. Il ne s’agit donc pas encore de rentabilité. Il faut avant tout innover.

Le principal avantage des matières premières de ce nouveau type de biocarburant est la quasi-inépuisabilité de ses ressources. De plus, aucun espace agricole ni sauvage n’est mobilisé. Le rythme de croissance des bactéries et des microalgues est en effet rapide. L’objectif est de maîtriser la production pour aboutir à des procédés industriels fiables.

Le recyclage : une voie à développer rapidement

Pour le carburant des camions, des machines agricoles et de tous les véhicules professionnels ou particuliers en circulation, l’huile de friture usagée est une source encore peu exploitée de biodiesel. Rien qu’en France, ce sont plus de 6 millions de litres d’huile usagée qui sont générés. Seulement 5 % sont pourtant collectés et revalorisés. Or il faut savoir que chaque litre peut servir à produire du biodiesel.

La Baraque à Huile vous aide à revaloriser l’huile usagée.

Le biocarburant confectionné à partir de l’huile de friture usagée compte déjà plusieurs promoteurs, dont de géants de l’énergie comme Total ou Suez. Mais le public n’a pas encore le réflexe de recueillir les matières grasses après usage. La Baraque à Huile a pour but de faciliter la collecte grâce à son Olibox. Mettez-y tout simplement toutes les huiles usagées. Ramenez-le aux déchetteries partenaires, déposez la boîte remplie et prenez-en une propre.

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